Quelques phrases à bannir

Alain Samson Communication Persuasion

Au cours d’une discussion, le choix des mots est bien plus important qu’on le croit. Évitez d’endosser le rôle du parent qui s’adresse à un jeune enfant.

Vous êtes-vous déjà retrouvé dans une discussion qui, rapidement, est devenue une joute verbale, voire une confrontation? Dans bien des cas, c’est le choix des mots qui a mis le feu aux poudres. En effet, certaines expressions présentent un potentiel de dangerosité extrême. Nous en verrons quelques-unes aujourd’hui.

Commençons par le mot NON. Un client vous demande une livraison immédiate, ou votre patron vous demande de faire du temps supplémentaire ce soir. Ça s’avère impossible dans les deux cas. Que se passe-t-il si vous répondez non? Vous venez de mettre un terme à la discussion en laissant l’autre insatisfait, en lui communiquant que sa requête vous importune.

Que faire alors? Au lieu de dire à l’autre que vous ne pouvez pas obtempérer à sa demande, offrez-lui un choix en lui présentant ce que vous pourriez faire. Par exemple : «Je pourrais rester mercredi ou jeudi. Quel jour vous irait le mieux?» ou : «Je n’ai pas de livreurs le lundi, mais ce sera avec plaisir demain. Préféreriez-vous l’avant-midi ou l’après-midi?»

Évitez également l’expression ON VERRA. Tout le monde s’est fait dire ça par un parent qui souhaitait dire non, mais qui n’avait pas envie d’argumenter. Cette expression correspond pour plusieurs à un refus inavoué. Elle suscite l’animosité.

 

Il en va de même avec JE COMPRENDS. Dans certaines situations, cette expression veut dire que vous êtes tanné d’écouter, que vous souhaitez retrouver votre quiétude et que la situation de l’autre ne vous intéresse pas du tout.

Il y a également JE VOIS. Offerte avec un regard empreint de condescendance, elle vous met dans le rôle du psychiatre qui vient enfin de découvrir quel problème afflige son patient. Si votre interlocuteur est le moindrement en colère, prenez garde…

Vous arrive-t-il d’utiliser POUR ÊTRE FRANC au début d’une phrase? Savez-vous ce que cette expression communique? Elle dit que ce que vous avez dit précédemment était probablement faux, mais que vous passez maintenant à la vérité. Ça en dit gros sur votre crédibilité.

Arrive ensuite le ÇA PREND PAS LA TÊTE À PAPINEAU… qui explique à votre vis-à-vis qu’il est trop idiot pour avoir compris tout seul, mais que ça n’est probablement pas sa faute…

Terminons avec le JE TE DIS ÇA POUR TON BIEN. Quand vous l’utilisez, vous infantilisez l’autre avec des propos parentaux. De plus, vous laissez entendre que votre message n’est pas agréable à formuler et que vous préféreriez que cette situation n’existe tout simplement pas. Vous êtes comme le parent qui vient de frapper son enfant et qui lui dit, le plus hypocritement du monde, que c’est à lui que ça fait le plus mal.

Aujourd’hui, soyez attentif aux expressions que vous utilisez et au sens que les gens pourraient leur donner.



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