Comparer positivement, ce n’est pas féliciter

Alain Samson leadership

Vous pensez bien agir en félicitant ainsi? Il se peut que vous soyez en train de semer la discorde
 dans vos rangs.

À la fin d’une réunion, vous dites à un confrère que sa présentation était de loin supérieure à celle de tous ses collègues et que les autres étaient vraiment minables. Vous pensez que vous avez bien agi et qu’il vous en sera reconnaissant. Vous vous dites même que vous venez de l’encourager à donner le meilleur de lui-même au cours des prochains mois. Vous êtes fier de vous. Mais qu’en est-il vraiment?

Se pourrait-il qu’il se dise qu’il a été chanceux et que, la prochaine fois, il risque de se retrouver avec des collègues plus aguerris et de ne pas mériter vos félicitations? Se pourrait-il que, loin de l’avoir rassuré quant à ses talents de présentateur, vous ayez fait naître le doute en lui?

C’est la même chose que si vous disiez à votre enfant qui joue au soccer qu’il est très chanceux parce que ses coéquipiers sont pourris. Cela lui envoie-t-il vraiment le message qu’il est bon? Pas du tout. Ça lui dit simplement qu’il est meilleur que les moins bons et qu’il court le risque que ces moins bons s’améliorent.

 

 

Ce n’est pas en comparant que vous pouvez féliciter. C’est en déterminant ce qui distingue la prestation de la personne félicitée et ce qui la rend unique. Pourquoi ne pas intercepter ce collègue pour lui dire que son intervention était succincte et fort à propos et que vous l’avez adorée? À ce moment-là, vous n’établissez aucune comparaison.

Si vous souhaitez vraiment avoir recours à une comparaison, faites-le à propos de sa prestation précédente : «J’ai vu que tu avais beaucoup plus d’assurance, que tu utilisais mieux l’humour et que tu faisais mieux valoir ton point de vue. Tu apprends à la vitesse grand V. Bravo!»

Vous voyez la différence? C’est comme aux Jeux olympiques : on pense à tort que les athlètes luttent les uns contre les autres. Mais en réalité, ils se battent contre eux-mêmes et visent à dépasser leur marque précédente. C’est là-dessus qu’un bon entraîneur mettra l’accent.

Si vous souhaitez faire grimper l’indice d’octane des gens qui vous entourent, ne créez pas un sentiment de rareté en laissant entendre que vos compliments ne peuvent aller qu’au meilleur. Vous pouvez féliciter tout le monde si vos félicitations portent sur la performance et sur les améliorations que vous constatez.

Ces gens-là ne sont pas en concurrence. Vous travaillez tous pour la même organisation. Que vos félicitations soient rassembleuses et non pas créatrices de division!



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